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 Le premier été

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Peter An
Invité



MessageSujet: Le premier été   Sam 4 Mar - 3:02

Chapitre 1 : L’arrivée

Les puissants rayons du soleil de juillet plombaient sur le train qui devait me mener chez mon oncle, David Andrews. Nous voyagions à travers une vallée de verdure, quelque part au sud de l’île du Japon. Le fait est que je n’en avais rien à faire à ce moment. Mon grand-père, Allan, venait de passer l’arme à gauche, une quinzaine de jours auparavant. J’étais seul dans un wagon, heureusement car je n’étais pas d’humeur à parler à qui que se soit. La tête appuyée contre la fenêtre, le regard dans le vide, je vivais sans m’en rendre compte. Vous avez déjà ressenti ce sentiment de vide? Respirer, mais n’avoir aucune émotion… Mes parents sont décédés dans un accident de la route lorsque j’avais 8 ans. Ce sont mes grands-parents paternels qui sont devenus mes parents adoptifs. J’ai passé du bon temps avec mes grands-parents. Je m’entendais bien avec mon grand-père… Mais, 7 ans plus tard, ma grand-mère est morte du cancer et puis mon grand-père a suivit après quelques mois. Il est mort dans son sommeil. Semble t-il que son cœur ne pouvait plus battre sans celle qu’il aimait. La mort peut parfois être si belle…
Dans le wagon, le front estampé contre la vitre de la fenêtre, je me suis endormi. Lorsque je me suis réveillé, le train avait cessé d’avancer. Je me suis lever, péniblement, et me suis étirer. J’ai pris soin d’agripper ma valise et mon violon avant de sortir, me traînant les pieds dans l’étroit couloir du train. Un homme tout de noir vêtu, se tenant un peu trop droit pour avoir une posture naturelle me fit un très subtile signe de main en m’apercevant. «Suivez moi je vous pris » est la seule parole qu’il m’adressa en trois heures. Je passai donc trois heures à l’arrière d’une luxueuse voiture noire du genre mini-limousine. Au bout des trois longues heures, le mystérieux moustachu me dit : « Vous devez débarquer ici, «Suivez le chemin des pommiers. » Je me suis donc retrouvé devant le chemin des pommiers, valise à la main, violon dans l’autre. Cette petite route de terre semblait sans fin. Heureusement, les ombres des nombreux pommiers me gardaient au frais. C’est d’une démarche lente et traînante que je me dirigeai vers la demeure de mon oncle David. Je marchai pendant je ne sais combien de temps dans cet endroit silencieux et désert, à l’exception des pommiers qui semblaient me regarder du haut de leurs courts troncs, se demandant qui pouvait bien être ce garçon qui traînait dans leur verger. Alors que je continuais mon chemin en regardant les arbres d’un regard méfiant, je m’approchai d’un et lui arracha une pomme. Je restai immobile un instant qui me parut une éternité devant cet être qui, selon mon imagination un peu trop fertile à ce moment, allait certainement m’écrabouiller ou encore m’étouffer en enroulant ses branches autour de moi. Je réussis enfin à me dégager de l’emprise de ce petit géant et continuai mon chemin, un peu plus rapidement qu’auparavant, allez savoir pourquoi… Il faut dire que je carburais non seulement à la crainte, mais aussi à la pomme à présent!
La clarté du jour réapparu enfin au bout de ce tunnel de feuilles. Je jetai mon tronchons de pomme sur un côté du chemin et accélérai la cadence à nouveau. Il ne me restait plus qu’un pas à franchir pour quitter ce chemin des pommiers et lorsqu’il fut franchi, un nouveau monde se découvrit devant moi. Un immense manoir se dressait devant moi, au milieu d’un champ de pommiers. La bâtisse était toute de briques construite et avait un certain style à l’ancienne. Alors que je restai devant la demeure, ébahi, la porte avant s’ouvrit et un petit homme bedonnant au visage sévère apparu.

« PETER! Je t’attendais depuis longtemps déjà! » Dit-il en posant ses poings dodus sur ses hanches.

Une étrange grimace se dessina ensuite sur son rondelet visage. Se devait être un sourire…

« Aller, aller! Entre donc! »

Je grimaçai à mon tour un sourire, le sourire de quelqu’un de légèrement déboussolé. J’obéis à mon oncle et m’avançai vers la porte, le suivant à l’intérieur avant que celle-ci ne se referme, tout en songeant :

*En espérant qu’il ne partira pas tout de suite celui-là…*
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Peter An
Invité



MessageSujet: Re: Le premier été   Mar 7 Mar - 17:09

Chapitre 2 : Les premiers jours

Mon oncle David est quelqu’un de particulièrement bruyant, je dois dire. Il exprimait sa joie comme sa colère avec une telle puissance qu’à chaque crise, comme je les appelais, la terre semblait trembler sous mes pieds. Lors de notre première rencontre, j’étais certain que mon long séjour chez oncle David allait être dangereusement pénible mais, au contraire, la vie au manoir était très agréable. Ma chambre se situait au deuxième étage et comportait un bureau, d’immenses fenêtres donnant sur le verger et une salle de bain rien qu’à moi. Le personnel de la demeure de David compte énormément de gens. Beaucoup trop, à mon avis. Il y a : un jardinier de la semaine, un de la fin de semaine, un chauffeur, l’assistante de mon oncle (je n’ai toujours pas trouvé son utilité…), des cueilleurs de pommes (une vingtaine), une cuisinière en chef (accompagnée de son cuisinier) et la dernière et non la moindre, la femme de ménage.
Ma rencontre avec Isabella fut l’élément déclencheur d’une palpitante aventure. Le genre d’aventure dont j’avais besoin pour me changer les idées. Je passai les premiers jours au manoir enfermé dans ma chambre à écrire dans mon journal ou à jouer du violon. Mon oncle David passait son temps à donner des ordres aux employés et à manger. Il passait également beaucoup de temps à la ville, question de vendre ses fruits. Bref, je sortais de ma chambre que très rarement. Le cuisinier venait même me porter mes repas dans ma chambre. Il faut croire que j’avais simplement besoin de temps pour me remettre de la mort de mes grands-parents, ce qui était tout à fait naturel je crois. Je me retrouvai parfois seul dans le manoir. Enfin, seul avec quelques employés. Mon oncle partait passer la journée en ville et ses « esclaves » en profitaient pour ne rien faire. C’est lors d’un de ces jours de tranquillité que je me décidai enfin à sortir de mon isoloir. J’avais l’impression d’être de débarquer sur une nouvelle planète. La maison était silencieuse. Je marchai dans les longs couloirs, errant à la découverte de ma nouvelle demeure. Après quelques temps, je me retrouvai dans une grande pièce illuminée par le soleil. Ce devait être la pièce où les réceptions de mon oncle avaient lieu. Il y avait au plafond, au-dessus de ce qui devait être une piste de danse, un luxueux lustre de cristal. Je levai les yeux vers celui-ci et l’observai un instant. Alors que j’étais plongé dans ma contemplation de la chose, une musique retentit dans la pièce. Une valse. Je baissai les yeux et cherchai la source du bruit, mais en vain. Ce que je vis plutôt me pris par surprise. Une jeune-femme sortit de l’ombre d’une extrémité de la pièce et se mit à danser. Je ne l’avais jamais vue auparavant et j’en restai bouche bée. Celle-ci était vêtue d’une robe de servante vert kaki et portait un petit bonnet blanc ainsi qu’un tablier de la même couleur. Quelques mèches de sa chevelure blonde s’étaient tout de même échappées et virevoltaient dans les airs. Elle dansait, occupant toute la piste et ne se souciant pas une seconde de ma présence. Devais-je partir? J’aurais bien voulu mais, mes pieds semblaient soudés au sol. Je l’observai danser quelques minutes, immobile et puis ce que je n’osais pas redouter arriva. La jeune-femme s’approcha de moi, toujours en se mouvant gracieusement au son de la musique, et me prit la main. Si vous aviez vu mon expression à ce moment! L’inconnue m’entraîna sur la piste de danse, me décollant par la même occasion les pieds du plancher avec une déconcertante facilité. Elle déposa ma main sur sa taille et prit l’autre dans sa main. Je restai un instant à la regarder. Elle me souriait, j’étais encore sous le choc. Ses yeux étaient bleus, ses lèvres pulpeuses… Elle était fort jolie et sûrement était-ce une des raisons de mon apparent trouble. Ce fut elle qui démarra la danse. Je la suivais docilement. Il me fallut un demi-tour de piste pour reprendre le contrôle de la situation. Je l’entraînai alors dans une valse, comme ma grand-mère me l’avait apprit. Quelle étrange situation, mais combien agréable. Les rayons du soleil qui passaient à travers les grandes vitres de la pièce illuminaient la piste et faisaient briller les mèches blondes de ma cavalière. Nous dansâmes je ne sais combien de temps. Lorsque la musique cessa, je continuai à faire tourner la jeune-femme et après quelques secondes, celle-ci éclata de rire. Son rire était clair et sa voix douce. Je m’arrêtai de danser et c’est seulement à ce moment que je me suis rendu compte que l’endroit était silencieux, à l’exception du rire de ma partenaire.
C’est ainsi que se déroula notre première rencontre. Les jours qui suivirent furent les jours de découvertes. Nous passions des journées entières à explorer les vergers ensemble, à danser et elle adorait m’écouter jouer du violon. J’aurais voulu que ces moments ne connaissent jamais de fin.
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